Le score très soviétique par lequel la nouvelle Constitution du Kirghizistan a été approuvée ce dimanche - plus de 90% des voix - permet de douter de l’exemplarité du scrutin. D’autant plus que ce vote survient alors que la population est encore sous le coup des violences qui ont mené le pays au bord de la guerre civile au début de ce mois de juin. Le nouveau pouvoir intérimaire dirigé par une figure de l’opposition - Rosa Otounabaïeva - a toutefois obtenu par ce vote la légitimité qui lui manquait et surtout un changement de régime. De présidentiel qu’il était depuis l’autonomie du pays après l’effondrement de l’empire soviétique en 1991, il deviendra celui d’une démocratie parlementaire. Et c’est cela sans doute qui aura convaincu malgré tout les Kirghiz lassés par le despotisme de leurs anciens présidents, Akaev jusqu’en 2005, puis Bakiev renversé à son tour en avril.