Rémy Chételat | jeu, 06/09/2012 - 23:48
Le ciel de Tornos se couvrait de méchants nuages, soufflés par les vents de la crise.
Ne voyant aucune embellie à l’horizon, la direction de ce fleuron de la machine-outils n’avait d’ailleurs pas caché, voilà trois semaines lors de la présentation de ses piètres résultats du premier semestre, qu’elle cherchait à économiser une trentaine de millions de francs par année. Le coup de tonnerre tant redouté n’a pas tardé: les employés ont appris jeudi soir qu’un tiers des postes de travail, soit 225, seraient supprimés.
Même si elle était prévisible, cette nouvelle n’en reste pas moins très mauvaise pour les employés concernés, pour Moutier et plus largement toute la région jurassienne. Pour le Jura bernois, qui porte encore le deuil de 180 emplois perdus chez Greatbatch et reste dans l’incertitude avec Swissmetal à Reconvilier, mais aussi pour le canton du Jura puisque Tornos emploie du personnel domicilié de part et d’autre de la Roche-Saint-Jean. Sans compter les répercussions sur les sous-traitants.
Tornos a déjà connu de telles charrettes de licenciements, voilà une dizaine d’années. Les affaires avaient repris avant de replonger plus récemment; l’entreprise avait alors réussi à s’en sortir avec élégance et intelligence en recourant massivement au chômage partiel. Une mesure magique qui préserve l’emploi et permet à l’entreprise d’être prête à honorer les commandes dès que les affaires reprennent.
Las, cette fois, le recours aux réductions d’horaire de travail n’était pas approprié pour régler un problème structurel. Sans espoir d’une rapide reprise des affaires, la direction a choisi son outil: c’est à la hache qu’elle taillera dans toutes les structures et à tous les niveaux de l’entreprise. Un tiers des postes tomberont, c’est aussi d’un tiers que le chiffre d’affaires a chuté, pour s’établir à 97 millions de francs pour le premier semestre 2012. La mauvaise visibilité offerte par les marchés mondiaux explique cette douloureuse mesure qui fait très mal, dans la région jurassienne en particulier.
Rémy Chételat
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Sans vouloir offenser le personnel de Tornos, n'y a-t-il pas un problème au niveau de la gestion d'entreprise?
La conjoncture est mauvaise, tout le monde le sait, d'autant plus dans la machine-outils mais à mon humble avis, les décisions stratégiques ne sont pas cohérentes et ce n'est pas le nombre important de nouveaux directeurs financiers de l'entreprise qui nous prouvera le contraire!
C'est cela les frontières ouvertes... qui sera licenciè? Les Suisses bien sûr... et arrêter de dire que les Suisses ne sont pas flexibles... Ils ont aussi besoin de travailler... Remarquez, quand les entreprises arrêteront d'aller chercher des travailleurs du côté du Doubs français ça ira aussi mieux... Et les communes qui jouent à l'autruche ne valent pas mieux. Et où paient-ils des impôts ?
J'en conviens, le canton de Berne n'a pas été très réactif lors de grève de la Boillat. Ce n'est pas sur une question de frontière où de territoire que je m'exprime, mais sur des priorités. Exemple concret : une majorité de l'élite politique de notre ville de Moutier freine des quatre fers la fusion de celle-ci et de sa couronne alors que cette cité est plus qu'étriquée au niveau terrain à bâtir. Pourquoi ? Pour une question d'arithmétique électoraliste ! Quel gâchis !
Avec une commune étendue sur l’ensemble du « Cornet » couplée à une personne hyper compétente comme Monsieur Francis Kohler, je pense que nous serions mieux armés pour un développement économique et industriel harmonieux, sans toujours être parasité par des questions territoriales quasi clochemerlesques.
C'est cela qui me déçoit. Je pense que la défense d’un pré carré délimité par des frontières, dans un monde qui bouge de plus en plus vite, est une valeur quelque peu désuète.
Et le soutien et le rôle du canton de Berne dans tout ça ? Les autorités communales ne peuvent pas tout faire, elles ont besoin d'un soutien du canton. Et dans le cadre de l'affaire Swissmetal Boillat et Greatbach, le canton de Berne n'a pas apporté un soutien décisif.
Au lieu de mettre toute son énergie dans un combat d'arrière-garde qu'est cette foutue Question jurassienne dont la plupart du monde se fout, la classe politique de notre chère Prévôté aurait mieux fait de se focaliser sur le tissu économique de notre région. Je ne dis pas que c’est facile, loin de là, mais le combat de diversifier notre industrie est nettement plus d’actualité !
Je ne penses pas que "mettre à la retraite ses dinosaures et renvoyer à M. Hollande ses sujets" puisse résoudre les problèmes de Tornos.Les dinausaures de Tornos sont je crois le fer de lance du savoir faire de cette entreprise et les frontaliers une main-d'oeuvre très professionnelle, flexible et d'une mobilité que n'ont pas bien des travailleurs indigènes.
Le mal est beaucoup plus profond que celà. La situation de l'Europe entière se dégrade de jour en jour et cette situation influence en majorité la situation des entreprises suisses qui exportes leurs produits dans la zone européenne.
Je pense qui si la situation s'améliore, Tornos saura se remettre sur les rails du succès comme elle l'a toujours fait et sera à nouveau le fleuron de l'industrie de notre coin de pays.
C'est une bien grave nouvelle pour la région, pour tous en définitive. On ne peut pas fanfaronner avec notre politique de monnaie très forte et vouloir étouffer les chômeurs. On ne peut pas être pour une agriculture très subventionnée (donc très socialisée) et s'opposer à des subventions diverses contre le mauvais sort ou pour les gens touchés dans le santé (AI), etc.
Nous voulons être riches en Suisse et nous faisons beaucoup de pauvres.
Alors fêtons, fêtons l'espoir qui nous reste.
Oublions qu'il n'y a pas que des politiques cantonales (voyons 26) mais qu'il doit y avoir une vraie politique fédérale.
Si Tornos a la bonne idée de mettre à la retraite ses dinosaures et renvoyer à M. Hollande ses sujets. Tornos et toute la région se porteront mieux.