Richard Gafner | mar, 30/08/2011 - 22:20
Encore loin du Bronx, la Suisse n’est pourtant plus la paisible Helvétie d’antan. Le taux de criminalité a augmenté ces dernières années et s’aligne désormais sur celui de l’Europe.
Ce constat mérite d’être pris au sérieux. La classe politique doit agir, au risque de laisser la situation se dégrader et faire le lit de l’extrême droite qui fait pousser ses succès électoraux sur les peurs de la population.
La criminalité n’est pas uniforme. Certaines flambées de violence étonnent, comme ces dix-huit voitures parties en fumée voilà une décade chez nos voisins, canton voisin et non pas pays voisin: à Bienne, ville qui n’a jamais autant ressemblé que cette nuit-là à une banlieue française de sinistre réputation.
L’environnement, les temps, les mœurs changent. Les explications à cette augmentation de la criminalité sont multiples et il faut se méfier des réponses simples, qui sont rarement les bonnes. Mais lorsque les gens ont peur d’être agressés, d’être cambriolés, il faut agir. D’autant qu’il ne s’agit pas d’une vague impression: l’étude Killias montre clairement que le sentiment de sécurité de la population est en corrélation avec le taux de criminalité.
Les sphères policières donnent des pistes, notamment la suppression des jours amendes, guère dissuasifs, et le retour au régime des peines de prison. Les policiers sont par ailleurs plus utiles dans le terrain qu’astreints aux travaux forcés de paperasserie.
Le pire serait de laisser la situation s’aggraver. Car l’extrême droite ne recule devant aucun amalgame, fût-il infect, dût-il inciter à la haine contre les étrangers, pour faire avancer ses projets, en matière de limitation de l’immigration.
Ce serait là une mauvaise réponse: elle ternirait l’image d’une Suisse ouverte et solidaire, sans régler le problème de la criminalité.
Rémy Chételat
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