Rémy Chételat | ven, 02/12/2011 - 23:41
Ce n’est plus dans l’indifférence, mais le Doubs se meurt toujours.
L’indignation ne pouvait suffire à soigner la rivière. Le mal est profond, les causes multiples, les responsabilités diffuses. Et les luttes d’ego difficiles à aplanir malgré l’urgence d’unir les forces. L’admirable action citoyenne du printemps dernier aura cependant aidé au réveil des autorités.
Six mois plus tard, le bilan est contrasté au bord du Doubs, doux et amer à la fois: si les bonnes intentions ne manquent pas, rien de vraiment concret n’a été entrepris.
Il fallait d’abord admettre la maladie du Doubs pour que la cure puisse commencer. Objectif atteint. A ce jour cependant, aucun véritable remède n’a été administré à la rivière qui arrose deux pays et deux cantons suisses. Une situation particulière qui fait à la fois sa grandeur et son malheur: la diversité des responsabilités complique la décision, l’action.
Force est de reconnaître la vigueur nouvelle à s’intéresser au Doubs de l’Office jurassien de l’environnement et sa volonté de fédérer les énergies. L’Office connaît parfaitement le bulletin de santé de la rivière qui coule sous ses fenêtres à Saint-Ursanne. Il sait aussi que les amoureux du Doubs n’excuseront aucune passivité. L’Etat jurassien ne peut ignorer que la rivière emblématique de la région draine du tourisme, donc participe à l’économie. Et comment bâtir le Parc naturel régional du Doubs sur un joyau en ruine?
Le Jura n’a que des bonnes raisons de ne pas s’endormir au bord de la rivière mourante.
L’administration jurassienne n’a pas le bras assez long pour sortir l’administration fédérale de son ronron. Pourtant l’Office fédéral de l’environnement jugeait en mai «très préoccupant» l’état du Doubs. Y aurait-il urgence à Berne de ne pas se presser?
Il faut donc que les relais politiques redoublent leurs efforts: les représentants jurassiens et neuchâtelois aux Chambres fédérales en première ligne. Idem pour le Gouvernement jurassien qui pourrait, fût-ce au détriment de l’inauguration de quelques kilomètres de Transjurane, inviter Doris Leuthard au bord du Doubs. Ainsi la cheffe fédérale de l’Environnement et de l’Energie se rendrait compte du désastre. Ce qui l’encouragerait à secouer ses troupes.
Une magnifique occasion également pour la conseillère fédérale de manger une bonne truite. Pendant qu’il y en a encore dans le Doubs qui attirait jadis les plus fins pêcheurs d’Europe. Et pendant que coule encore une rivière dans le lit du Doubs.
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@PTE
Donc selon vous, l'état du Doubs, c'est la faute aux "écolos-bobos" et à l'administration? Je ne comprends pas ce que vous proposez de concret? Des "solutions techniques à un problème physique", ça veut dire quoi?
Et toc! Il n'y a rien à rajouter! Pendant que les plats de petits fours passent, les truites trépassent... On vit une époque de politicards délirants!
Le jour où les écolos bobos auront compris que ce n'est pas avec une réserve naturelle pour indiens stressés de la ville que ça va donner des solutions concrètes à une rivière malade, ça va peut-être avancer. On n'a pas besoin de projets touristiques plus ou moins foireux qui ne feront que nous isoler un peu plus, mais de réponses techniques à des problèmes physiques... et là, rien de notre administration comme de celle des autres.
Mais ça demande du boulot, pas une campagne de pub dans les médias.