Rémy Chételat | lun, 08/03/2010 - 22:45
Berne est plus sage que Bruxelles. Du moins sur le dossier des organismes génétiquement modifiés (OGM) que le printemps ramène sur le terrain politique. Alors que la Commission européenne a donné la semaine dernière son feu vert à la culture d’une pomme de terre transgénique, le Conseil national a choisi hier de poursuivre sur la voie du moratoire. Raisonnable décision.
Les Etats de l’UE ne sont certes pas tenus à se plier à cette décision de Bruxelles, qui a suscité un tollé. L’Europe montre cependant une certaine direction. Ce n’est pas encore l’Amérique et ses champs de maïs et de soja génétiquement travaillés, mais on s’en approche. Les Suisses ne veulent pas de ça dans leur campagne avant d’en savoir davantage sur les conséquences possibles. Une attitude qui relève d’une légitime prudence.
Le moratoire est certes une demi-mesure, mais il permet à la Suisse de ménager la chèvre et le chou jusqu’en 2013. La chèvre, c’est le scientifique helvétique, le labo qui l’emploie qui pourraient en cas de refus sec du génie génétique partir exercer cet art sur d’autres terres. Le chou, c’est l’environnement, l’agriculture, l’humanité, qui méritent d’être préservés d’une erreur de manipulation.
La question des OGM taraude les esprits. C’est heureux. La plus grande prudence s’impose en la matière. Vu le côté lucratif des marchés, les motivations des multinationales agroalimentaires ne sont pas toujours très nobles. Mieux vaut éviter certains «progrès» de la science, œuvre maléfique de certains apprentis sorciers dépassés soudain par le contenu de leur chaudron. On se souvient que le DDT avait décroché les lauriers du Prix Nobel avant que ce pesticide, qui persiste à empoisonner l’environnement, ne montre son véritable visage.
La contamination des cultures traditionnelles par des OGM est un risque majeur. Le principe de précaution s’impose car la santé n’a pas de prix. Emboîtant le pas au Conseil fédéral et à la Chambre des cantons, le National a pris hier la décision qui s’imposait: la reconduction du moratoire pour trois ans, que nous espérons renouvelable. Longtemps encore.
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