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La raison d’abord

Rémy Chételat | jeu, 26/01/2012 - 22:47

Les quatre projets de fusion chauffent la campagne jurassienne. Vingt-neuf communes (13 aux Franches-Montagnes, 7 dans le val Terbi, 7 dans la Haute-Sorne et 2 en Ajoie) décideront de leur avenir le 5 février et le 25 mars. Joies de l’union ou poursuite du plaisir en solitaire? Les pronostics sont malaisés.

La décision du citoyen repose d’abord sur l’émotion. Une fusion touche à l’essence de la société, à l’identité. La commune a longtemps été perçue comme la grande famille des familles du village: une espèce de tribu qui, aujourd’hui parfois, peine à trouver suffisamment de sages pour son conseil. Les réseaux sociaux sur internet intéressent davantage que les assemblées communales, les églises se vident, les bistrots ferment. La vie a changé.

Les communes aussi, forcément. Elles ne peuvent déjà plus se passer de multiples collaborations avec leurs voisines, évolution impensable jadis à cause des incurables querelles de clochers. Mais la coopération intercommunale montre vite ses limites. La fusion permet davantage de synergies, de solidarité.

Fusionner ne signifie pas perdre son âme. Au pire, son lieu d’origine: une maladresse administrative qui frustre ceux qui sont sentimentalement attachés à leurs racines. Mais les hameaux demeurent. Courcelon a conservé son restaurant, sa propre fanfare et ses habitants se sont toujours arrangés pour être représentés au Conseil communal de Courroux, 3000 habitants, qui vient de connaître une élection tacite à la mairie.

Enfin, s’il serait logique qu’une fusion génère immédiatement des économies, le contribuable peut espérer que ses impôts augmenteront moins fortement en cas d’alliance. La plupart des communes peinent financièrement. Un tiers d’entre elles versent dans la grande caisse de la péréquation une manne distribuée aux deux autres tiers: toutes ces communes anémiques, maintenues sous perfusion, devraient encore plus sereinement considérer la fusion comme la solution d’avenir. Avant d’y être contraintes. La raison ici s’impose clairement sur l’émotion.
Rémy Chételat

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fusion de communes

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