Rémy Chételat | dim, 07/03/2010 - 23:12
Sans être catastrophique, un refus de l’allongement de la législature aurait été regrettable. D’abord parce que le quinquennat nous paraît opportun pour une action politique plus sereine et plus efficace, moins souvent engourdie par l’approche des élections qui fragilise les politiciens prétendant à une réélection. Ensuite parce qu’il aurait été inquiétant que le Jura dise une nouvelle fois non, qu’il se réfugie dans un immobilisme qui ne lui ressemble pas.
Le vote illustre la confiance du peuple envers ses institutions. L’enjeu de la votation n’apparaissait pas fondamental aux citoyens, même si cette modification constitutionnelle touche aux droits du peuple, donc à la démocratie. Le scrutin ne passionnait guère, la campagne a démarré tardivement. Mais certains arguments, comme ce «supplément de pouvoir» offert aux politiciens en place, auraient pu faire mouche. On pouvait dès lors craindre que les Jurassiens imitent le vote tessinois du 29 novembre dernier: deux tiers des votants ont refusé d’allonger le mandat des élus de quatre à cinq ans. Les socialistes jurassiens, épaulés par l’UDC locale, n’ont pas obtenu la victoire dont se gargarisent les extrémistes de la Lega tessinoise.
L’instauration du quinquennat n’est qu’un premier pas. Il devrait donner aux élus le courage de réformer plus en profondeur les institutions. Encourager les fusions de communes, ce qui permet de diminuer le nombre de conseils communaux, donc de sièges, que pourront occuper des personnes motivées. Repenser le Parlement aussi, sa taille, son fonctionnement et son élection qui devrait, à l’instar de celle du Gouvernement se faire dans un seul cercle électoral et non plus par district. Un gage d’avoir un Jura plus uni, moins déchiré par des réflexes régionalistes qui paralysent l’action de l’Etat.
Cette réforme institutionnelle entrera en vigueur l’an prochain. Cet automne les autorités cantonales seront élues pour cinq ans et il en sera de même en 2012 pour les communales. Sur le fond cependant rien de nouveau, malheureusement: un bon élu, honnête, courageux et visionnaire, lâchera toujours trop tôt les commandes alors qu’un mauvais continuera à être reconduit s’il est suffisamment populaire.
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