Christian Moser | ven, 12/03/2010 - 22:46
Belles et doubles leçons d’une nuit de désastre à Bernabeu. Ce lieu où tant de légendes se sont écrites, où le maillot blanc du Real a porté tant de joueurs vers la gloire. Notez la nuance: le club a fait les stars. Pas le contraire.
Comme la liberté, «le football n’a pas de prix» soulignait El Pais, le quotidien espagnol. Première leçon à retenir. On n’achète pas la Ligue des champions. Pas encore! On peut jongler avec les chiffres les plus indécents, on ne maîtrise pas encore tout à fait le ballon. Tant mieux pour la morale! Le président madrilène Florentino Perez avait mis un prix défiant toute concurrence: 254 millions d’euros. Rien que de lire et relire cette folie, la concurrence devait perdre le contrôle du cuir. Il y avait là le Ballon d’Or 2007, Kaka, le Ballon d’or 2008, Cristiano Ronaldo, et peut-être le Ballon d’or 2010, allez savoir, si d’aventure Raymond la science allait par mégarde aligner Karim Benzema plus souvent que Manuel Pellegrini, le malheureux «ingénieur» chilien, comme ils disent...
La deuxième leçon a été rappelée dans le jeu. Limpide: tant que le Real, qui fut alors magnifique, a joué collectif, il a survolé le match. Avec un schéma vieux comme le monde, un 4-3-3 qui a donné de l’air pour Guti, flotteur idéal, de la clarté au jeu, du percutant devant. Les combinaisons des Merengue transperçaient des Français du bord du k.-o. Quand Cristiano Ronaldo, qui peut être un ailier de classe, et Kaka se cherchent et se trouvent, quand ils jouent sur cette dynamique, alors oui, ça fait mal.
Mais quand les Merengue oublient les vertus du collectif et décident de miser sur un éventuel exploit individuel, ça donne ce que ça donne... Même les meilleurs du monde deviennent des joueurs très vulnérables, anonymes. L’entraîneur Pellegrini n’a pas su faire comprendre ça à ses stars, évacuer les egos des vestiaires. Il semblerait qu’il en ait eu le temps, depuis le match de Zurich, ouverture des festivités, où le pain s’amoncelait clairement sur la planche...
A Madrid, les socios parlent d’un tremblement de terre, «El Lyonazo». On dira plutôt que les Galactiques se sont chargés tout seuls d’éteindre les lampadaires.
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