Pierre-André Chapatte | dim, 10/06/2012 - 19:58
L’Europe vole au secours de l’Espagne et de ses banques. Samedi, les ministres des finances européens ont décidé de débloquer une aide qui pourrait s’élever à 100 milliards d’euros. Ce sauvetage était devenu nécessaire et était attendu. Il fallait bien sûr sauver les banques espagnoles pour éviter des dégâts en cascade ailleurs. Il fallait surtout rassurer les marchés en ne laissant pas pourrir la situation en Espagne au risque de voir la zone euro imploser.
Deux éléments frappent tout de même dans cette intervention de Bruxelles. C’est d’abord que cette aide européenne n’est soumise officiellement à aucune nouvelle mesure ni aucune mise sous tutelle de Madrid. Les ministres européens comptent sur le gouvernement espagnol pour conduire les réformes nécessaires et lui font confiance. L’Espagne aurait donc une gouvernance plus fiable que la Grèce, le Portugal ou l’Irlande. C’est peut-être vrai. Mais cette aide sans condition ne manquera pas de pousser Athènes, Lisbonne et Dublin à demander un même traitement.
L’autre élément surprenant, c’est que l’on ne connaît pas exactement les besoins des banques espagnoles. Le FMI les évalue à hauteur de 40 milliards d’euros. Bruxelles propose plus du double. C’est dire la volonté de couper court à toute spéculation sur l’avenir de l’euro.
Ce que l’on sait, c’est que les banques espagnoles sont les premières responsables de leur déconfiture. Ce sont elles qui ont contribué à la formation de la bulle immobilière et à son éclatement en 2008. La construction avait pris une part démesurée dans l‘économie espagnole. En 2007, l’Espagne construisait autant que la France, l’Allemagne et l’Italie réunies. Le stock des appartements vides est suffisant pour répondre aux besoins pour ces deux ou trois prochaines années. Gros pourvoyeur d’emplois à l’époque, le secteur immobilier laisse durablement sur le carreau des millions de chômeurs. Ce ne sont donc plus les banques seulement qui sont au bord du gouffre et qu’il faut sauver aujourd’hui, mais l’Espagne elle-même. Et là, ce ne sont pas seulement 100 milliards d’euros qu’il faudra.
Pierre-André Chapatte
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Et de nouveau la communauté paye pour des dépenses inconsidérées et non contrôlées. Est-ce que les banquiers sortent de temps à autre de leurs écrans avant de prêter n'importe quoi à n'importe qui? Il serait temps que l'argent facile et virtuel ne soit plus notre moteur de croissance!