Christian Moser | mer, 03/03/2010 - 23:07
L’heure est grave, docteur. On inaugurait pourtant un nouveau maillot, enfin frappé de la croix blanche sur fond rouge. Nous, ça nous a fait tout chaud au cœur. Aux joueurs un peu moins. Enfin, rien, si l’on a bien vu. L’équipe de Suisse, c’est plus ou moins ce que nous craignions, s’est fait chloroformer propre en ordre par la «Céleste».Le mal est profond. Plus rien ne colle. Ni ne décolle. Le nom et le nombre des absents ne nous intéresse pas. On a vu, revu, une formation jouant sans ampleur, sans suivi, sans idée. Techniquement débordée, mais ce n’est pas le plus grave vu l’état des lieux et la finesse magnifique des Sud-Américains. C’est pourtant bien le genre d’opposition qu’il faudra déjouer en juin, en Afrique du Sud, et le résultat du test de Saint-Gall n’en est que plus significatif… La défense a fini par voler en éclat. Elle n’a pas maîtrisé l’art du pas en retrait des «Urus». L’attaque était moribonde. Réduite au seul et vaillant Streller, Derdiyok s’étant déclaré absent. Mais c’est au milieu qu’on s’est encore fait manger. L’adversaire n’était pourtant pas un monstre physique. Il y avait de la place! A 98 jours de l’ouverture de la Coupe du monde, la Suisse se cherche un véritable gabarit de participant. Ottmar Hitzfeld a intérêt à dénicher ne serait-ce qu’un début de solution. Sans quoi nous aurons l’air malin, à pousser le ballon pendant que les autres jouent au foot. Hier, en l’absence de Frei, le coach à offert le capitanat à Gökhan Inler. Le choix du labeur. O.K. pour jouer sur ses points forts. Mais quand l’équipe ne retrousse pas les manches, comment voir les bras noueux ? La Suisse a disparu de la circulation. Personne pour mettre un pied sur le ballon. Quand on manque de classe, il faut compenser. Et quand le coach rappellera cette vérité première, certains ne seront plus dans l’avion. La Suisse a trois mois, plus exactement 12 jours de camp à Crans-Montana, pour dénicher un improbable collectif. Une unité d’équipe, comme celle de la Céleste, par exemple. Ce match aura au moins rappellé que le foot existe encore. Les «Urus» sont magnifiques. Chez eux, ceux qui n’ont pas le ballon le demandent toujours dans l’idée de créer une variation.
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