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Sans-papiers: un peu moins d’hypocrisie

Pierre-André Chapatte | mer, 03/03/2010 - 20:50

Un pan d’hypocrisie est tombé hier au Conseil national. Les députés ont accepté que les jeunes étrangers sans papiers puissent entrer en apprentissage. Jusqu’à présent, ils ne le peuvent pas. Parce qu’un apprentissage suppose un contrat de travail et qu’un contrat de travail ne peut être conclu avec un sans-papiers.

L’incohérence du système dépassait l’entendement. Les jeunes étrangers sans papiers peuvent suivre l’école obligatoire puis les écoles de formation supérieures, lycée, université. Il était absurde et parfaitement injuste de ne pas les autoriser à se former par la voie de l’apprentissage au prétexte qu’il faut pour cela un contrat de travail que la loi sur les étrangers interdit. Le Conseil national a enfin introduit un peu de bon sens dans un arsenal légal incohérent. Reste à espérer que le Conseil des Etats, qui doit se prononcer encore, emboîte le pas.

Toute l’hypocrisie n’est pas levée avec ce vote. La cohérence voudrait que des jeunes étrangers nés en Suisse ou y vivant depuis longtemps, scolarisés et formés dans notre pays, sans papiers parce que leurs parents sont en Suisse sans autorisation, puissent obtenir une régularisation de leur situation par un permis de séjour au terme de leur formation. Le Conseil national n’en a pas voulu.

On continuera donc de former des gens qui ne devraient pas rester chez nous. Ce qui peut se concevoir au titre de l’aide au développement s’ils repartent dans leur pays. Or il y a de fortes chances qu’ils préféreront rester dans notre pays, devenu le leur. Sans papiers, ils y resteront des clandestins s’ils n’ont pas la chance d’être mis au bénéfice des cas de rigueur.

L’hyprocrisie se niche aussi dans cette incohérence-ci: l’entrée en scolarité ou en formation d’un jeune étranger sans papiers signale automatiquement à l’autorité l’adresse des parents vivant sans autorisation en Suisse. Les autorités ferment les yeux. Elles mesurent bien que la trop grande rigueur du droit le rend parfois inapplicable.

1 commentaire

 
Courageux anonyme a écrit il y a 1 an 49 semaines

@ Elles mesurent bien que la trop grande rigueur du droit le rend parfois inapplicable.
Inapplicable en quoi? Politiquement incorrect!? (Demandez le mode d'emploi à Kadhafi).

Mais c'est justement cette non rigueur (situation de faiblesse) qui fait que ces gens là, en profitent! Soyons logiques c'est la tranche bobo qui est laxiste! La suisse ils s'en moquent royalement. Nous sommes des vaches à lait, stop!
C'est insupportable et nos jeunes à nous alors!!??
(expériences dans ce domaine et +)
Salutations aux non bobo!

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