Rémy Chételat | mer, 25/08/2010 - 21:49
Heureux enterrement hier, sans fleurs ni couronnes, de l’initiative populaire visant à rétablir la peine de mort. Quel soulagement au lendemain de la bénédiction formelle donnée à ce texte controversé par la Chancellerie fédérale. Cette disparition subite évitera aux Suisses de se déchirer dans un débat stérile où l’émotion l’emporte toujours sur la raison et à la Suisse de rougir de honte en noircissant son image.
Il est impensable de réinstaurer la peine de mort en Suisse. C’est en contradiction avec les engagements pris par le pays, attaché au respect des Droits de l’homme. On a pourtant redouté le pire vu le sidérant élan de sympathie que cette initiative a suscité dans la population.
Cet épisode souligne la nécessité de préserver le pays d’initiatives qui ne sont pas applicables. La démocratie directe helvétique mérite une instance qui examine les initiatives sur le fond avant la récolte de signatures, cela afin d’éviter que le peuple appuie des idées en contradiction avec le droit. L’essai avorté pour un retour de la peine capitale aura une vertu: il aidera à faire avancer ce dossier sous la Coupole.
La polémique de ces derniers jours montre également l’incompréhension de certaines victimes devant le fonctionnement de l’appareil judiciaire, prompt à se réfugier dans sa tour d’ivoire. Un bon exercice de la justice requiert de la sérénité mais tolère mal les lenteurs. La famille à l’origine de l’initiative en veut aux autorités judiciaires. L’appel au retour de la peine de mort est un cri de colère dont l’écho et les répliques ont vite dépassé ceux qui l’ont poussé.
Rien ne justifie la réhabilitation de la peine de mort, un acte barbare qui n’est jamais juste, qui ne soigne rien. La peine capitale n’est nullement dissuasive, n’effraie aucun criminel, engendre d’immanquables et irrévocables erreurs judiciaires suite à des procès bâclés, comme on en voit trop aux Etats-Unis et ailleurs. Un pays qui exécute ses citoyens est méprisable, une mère ne tue pas ses enfants.
La peine de mort satisfait le côté animal de l’homme. Le besoin collectif de châtiment: voir le sang couler, une tête rouler. Un spectacle jadis couru par une foule hystérique qui hurlait sa rage au pied de l’échafaud puis rentrait sagement à la maison. La peine de mort ne sert à rien si ce n’est à servir un pouvoir qui ainsi contente le peuple. On en n’est heureusement plus là. Et espérons qu’on n’y reviendra jamais.
|
Fr. 25.00
|
Fr. 15.00
|
Je cherche à...
Je veux insérer une annonce pour...
A part le battage médiatique, le retrait de l'iinitiative laisse un terrible goût d'inachevé à la question. Pas celle de la peine de mort mais celle de la peine tout court à l'encontre des criminels dont l'horreur des actes semble ne pas pouvoir trouver une peine adaptée. Le monde politique n'a pas le courage de définir des peines adaptées et il est aussi responsable de la démarche consistant à lancer une initiative pour une peine de mort. Il suffit de voir les valses hésitations autour des jours amendes, du renvoi des criminels. La gauche et les verts (mais est-il nécessaire de les distinger ?) font preuve d'un angélisme et d'une naïveté sidérants. La droite a un regard plus réaliste mais cela dépend encore de l'imminence d'une période électorale. Le drame c'est que la criminalité augmente, même si l'on triture les chiffres dans tous les sens pour essayer de minimiser. On a bien tort d'ignorer la citation "qui vole un oeuf, vole un boeuf" car il faut bien admettre que beaucoup de petits délits impunis (oui impunis car allez demander aux petit et moyen délinquant s'il sait ce que signifie un sursis) évoluent vers des actes criminels au sens pénal. Alors, la peine que j'ai l'impression qui est la mieux comprise, n'est-elle pas celle qui consiste à travailler de façon forcée ou à se faire renvoyer ? Ce n'est pas en regardant la télé dans sa cellule et en faisant sa balade quotidienne que l'on mesure le crime que l'on a commis. Les solutions existent, on attend le courage des politiques...
Mais de quel droit vous autorisez-vous à penser que le peuple suisse n'aurait pas su voter comme vous l'appelez de vos souhaits. Heureusement cette initiative a été retirée, mais ce n'est pas ça qui vous donne le droit de juger les initiants, c'est votre avis de trouver celà déplorable, c'est votre avis de trouver que la Suisse se noircirait en engageant ce débat, mais ça ne vous donne pas le droit d'autoriser ou pas des initiatives. Qu'elles soient contrairse aux droits de l'homme ou pas, de plus, c'est tout à fait discutable vu le nombre de pays l'appliquant. Il suffit de nous retirer de ces traités. Le peuple est assez mûr pour voter sur veut-on ou pas une armée et ne le serait pas assez pour savoir s'il veut de la peine de mort ou pas. Vous la prenez pour qui, cette population qui devrait se ranger derrière vos élites. Quand à la mère qui ne tue pas ses enfants, SVP, un peu de décense, il y en a qui doive le faire justement parce qu'on les abandonne avec des enfants invalides et souffrants, il y en a des exemple tous les jours. La peine de mort est une prise de position personnelle et vous n'avez pas à décrèter qu'elle est injustifiable. (...) Je suis aussi contre la peine de mort parce que je ne serais pas capable de le faire moi-même et que je ne voudrais pas déléguer cette horrible tâche mais de grâce, vu la justice que nous avons faite par nos élites, abstenez-vous de stigmatiser ceux qui voient tous les jours qu'un criminel est mieux traité que la victime.