Georges Maillard | ven, 30/03/2012 - 20:29
Les demandes du Conseil du Jura bernois (CJB) adressées au Gouvernement jurassien relèvent largement du symbole. Mais dans la Question jurassienne, les symboles ont leur importance, on le sait. Cependant, le CJB a surtout besoin d’exister.
Jusqu’ici, le CJB a davantage fonctionné comme chambre d’enregistrement plutôt que partenaire actif dans le processus lancé entre les deux cantons. Il fallait bien qu’il montre en quelque sorte ses muscles. C’est chose faite. Le CJB fait savoir qu’il faut compter avec lui et il le rappelle au Gouvernement bernois lui-même.
Il n’y a là rien d’étonnant. Il est du reste dans les habitudes du CJB de faire durer le suspens mais aussi de demander des garanties. Le CJB ne les a d’ailleurs pas toujours obtenues. Dans le texte, cela se lit dans l’expression «manque d’enthousiasme».
Mais le CJB ne demande rien d’insurmontable. Le plus curieux mais forcément très symbolique est de demander l’abrogation de l’article 138 de la Constitution jurassienne sur la réunification. Il reviendrait au peuple jurassien d’abroger un article de sa Constitution. Est-ce concevable de voter sur une disposition qui n’a pas de force légale, n’ayant pas reçu la garantie fédérale? Une fois les processus de vote achevés, la situation aura changé et cela devrait avoir des conséquences allant dans le sens souhaité par le CJB. Mais la démocratie étant ce qu’elle est, selon le résultat des votes, on ne saurait empêcher d’autres initiatives ou actions partisanes qui défendraient une cause n’ayant pas les préférences des pro-Bernois.
L’essentiel est de préserver la tenue des votes prévus par la Déclaration du 20 février dernier. Le CJB fait monter la pression, ce qui n’est pas surprenant. Les Gouvernements bernois et jurassien ont su jusqu’ici travailler ensemble dans une démarche visant à apaiser les tensions. Il n’y a pas de raison que l’on ne continue pas sur cette lancée.
Georges Maillard
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