Rémy Chételat | ven, 27/01/2012 - 21:06
Valoriser les remarquables découvertes paléontologiques jurassiennes constitue une riche idée. Encore faut-il disposer des moyens financiers permettant de réaliser un projet d’envergure, inédit.
Pour exister, Paléojura doit viser l’extraordinaire, l’excellence, devenir une attraction qui, sans faire injure aux scientifiques, divertira le grand public, l’attirera. Paléojura doit aider à la notoriété du Jura, drainer du tourisme. Si Paléojura ne peut atteindre cet objectif, autant renoncer et laisser reposer en paix les traces de dinosaures en terre d’Ajoie.
L’Etat jurassien n’a pas les moyens de se lancer seul dans un tel ouvrage. Le partenariat public - privé constitue une piste intéressante, même si au final l’Etat déliera généreusement sa bourse: dix millions de francs d’investissements, sans compter les deux millions de charges annuelles de fonctionnement. Il faudra également convaincre des mécènes. L’Auditorium du Jura, conçu par les célèbres architectes Herzog et De Meuron en souvenir de feu leur ami artiste Rémy Zaugg, est au point mort; impossible de réunir 25 millions de francs pour ce temple pyramidal de la grande musique qui devait voir le jour en Ajoie également.
L’Etat jurassien a évidemment le bras plus long qu’une fondation privée pour aller frapper à certaines portes. Des institutions, des grandes entreprises ont intérêt à entretenir de bonnes relations avec les autorités cantonales. Mais pour séduire il faut un projet attractif à présenter. Et, jusqu’ici, de concret il n’y a guère au-delà des traces de sauropodes. D’où les 3,3 millions de francs sollicités auprès du Parlement.
Les porteurs de PaléoJura doivent cependant urgemment faire un effort de transparence. Dissiper le flou artistique qui entoure ce projet estimé à 33 millions de francs. Eviter l’usine à gaz paléontologique, alimentée avec l’argent du contribuable. Savoir écouter, savoir décider, savoir expliquer, notamment, le destin du Musée des sciences naturelles dans ce projet.
Paléojura a le potentiel pour devenir quelque chose de fantastique, un temple de la recherche des origines de la création à haute valeur scientifique et pédagogique mais sans oublier l’animation, le spectacle indispensable si l’on veut intéresser la population. Pour l’instant on ne décèle ni l’un ni l’autre, mais on veut encore y croire.
Rémy Chételat
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Bravo Rémy Chételat pour votre édito! Suffira-t-il pour mettre "le feu aux poudres" de l'enthousiasme? Pas sûr... Pourtant n'y a-t-il pas dans les universités romandes quelques étudiant-e-s (histoire, paléontologie, architecture, etc.) pour relever le défi de faire connaître "le Jura d'avant" et qui inclurait "la descente des Gorges de Moutier" en calèche, gorges que Goethe a tant aimées (à lire dans son "voyage en Italie"), entre autres?
Rêvons, tonnerre de Brest, rêvez!
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