Pierre-André Chapatte | lun, 30/08/2010 - 17:43
Barack Obama a tenu sa promesse avec quelques jours d’avance: la mission de combat des troupes américaines en Irak prend fin officiellement aujourd’hui 31 août. Sur le terrain, les Américains se tiennent en retrait depuis plusieurs mois et les 50 000 soldats qui resteront sur place jusqu’à fin 2011 au moins, pourront toujours dépasser leur mission de formation pour prendre les armes.
Le changement en Irak demain 1er septembre n’aura donc rien de spectaculaire. L’important, pour le président américain, était de tenir sa promesse électorale. A deux mois des élections de mi-mandat et en mauvaise posture dans les sondages, il ne devait pas risquer un revers sur le front d’une guerre à laquelle il était lui-même opposé.
Sept ans après le renversement de Saddam Hussein, l’Irak reste trop fragile pour que quiconque puisse crier victoire. Le niveau de la violence n’est plus aussi élevé que dans les années 2006-2007. Mais depuis le début de l’année, 300 Irakiens meurent chaque mois dans des attentats. La vie au quotidien reste difficile. L’Irak fut longtemps l’un des plus grands exportateurs d’énergie. Or l’électricité ne fonctionne que cinq heures par jour à Bagdad et le pétrole, principale source de revenus du pays, n’a pas encore retrouvé son niveau de production d’avant 2003. Sur le papier, la démocratie a remplacé la dictature et les Irakiens ont pris le chemin des urnes. Mais plus de cinq mois après les législatives de mars, ils restent si divisés qu’ils ne parviennent toujours pas à former un gouvernement. Quant à l’effet domino espéré de la démocratie irakienne sur le reste de la région, il faut déchanter.
Le retrait partiel américain ne met pas fin à la guerre en Irak. Une guerre qui a tué plus de 100 000 civils et 4700 soldats américains. Une guerre qui a coûté 3000 milliards de dollars. C’est énorme pour une opération lancée sur le mensonge des armes de destruction massive. On ne regrettera évidemment pas la chute d’une dictature. Et si on ne refait évidemment pas l’histoire, on peut tout de même se demander si cet argent n’aurait pas pu mieux servir en recourant à des méthodes moins destructrices et plus efficaces pour la démocratie en Irak et ailleurs au Proche et Moyen-Orient.
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