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La question espagnole

Jean-Jacques Imhof | mar, 19/06/2012 - 21:01

L’Espagne est-elle réellement bien dans son assiette? Elle nous a concocté le match le plus somptueux de cet Euro (contre – et avec! – l’Italie). Elle nous a fabriqué la victoire la plus indiscutable (contre l’Eire). Elle affiche tranquille son 63% de possession de balle. Elle affole les statistiques des passes. Tentées et réussies. Alors? Alors des voix s’élèvent, même parmi les intimes de la presse ibérique, pour s’interroger. Pour estimer que le 1-0 de dernière minute face à la Croatie était un peu tardif, voire qu’il manquait du panache rouge qui sied au champion du monde. Tu gagnes et tu te prends une volée d’interrogations et de doutes. Tel est, sans doute, le lot des grandes équipes. Vicente Del Bosque ne s’est pas démonté. Le coach souligne que la Croatie a présenté une bonne opposition, il admet que sa Roja s’est montrée moins propre techniquement que d’habitude, et notamment «sur ces premiers contrôles de balle qui doivent faire la différence.» Un geste dont les Xavi, Iniesta et Silva raffolent et qui ajoute du sel au jeu espagnol.

Del Bosque défend mordicus la philosophie du foot qui a fait le succès de la sélection et du Barça. La maîtrise des événements, la multiplication des passes et une énorme patience pour s’ouvrir le chemin du but. Torres, Fabregas ou un autre, voire deux attaquants, il s’en moque, pourvu que la Roja réussisse sa corrida. Qu’elle gère le temps du match, qu’elle frappe au bon instant. Nous sommes d’accord, tant qu’elle y ajoute sa flamme et son mouvement perpétuel, comme face à la «Squadra» ou à la vieillissante Irlande.

La question qu’on se pose quand même: la machine ibère tourne-t-elle à son meilleur régime avec un Xavi jouant très haut dans le terrain? Soit exactement dans la même position que face à la Suisse, erreur fatale, un fameux 16 juin 2010 à Durban. Ce jour-là, la paire Inler-Huggel avait passé son temps à boucler le métronome du Barça. Avec succès. Que s’est-il passé ensuite en Afrique du Sud? Del Bosque a corrigé son tir. Xavi a reculé dans le terrain – mais toujours aux côtés du duo Busquets-Xavi Alonso – et l’Espagne a roulé vers son premier titre mondial avec un Xavi au rayonnement retrouvé. Ce petit bonhomme nous semble plus à l’aise lorsqu’il tire un maximum de ficelles. Pour l’heure, l’Espagne mise beaucoup – trop? – sur les impulsions d’Iniesta. Mais elle nous semble toujours capable de mettre le feu quand il le faudra... CHRISTIAN MOSER

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Commentaire | Euro 2012 | Football

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